Apprentissage en ligne et utilisation des médias modernes dans l’éducation des adultes


Les médias électroniques et plus particulièrement Internet, font partie de la vie de l’être humain sous tous ses aspects. On ne peut plus concevoir le monde du travail sans l’utilisation massive de l’ordinateur. Les ordinateurs dirigent les processus de fabrication industrielle, les échanges commerciaux et le flux global des capitaux et des finances, ils permettent la dissémination instantanée des nouvelles et des informations. De plus en plus, les divertissements sont produits et consommés à l’aide de l’électronique. La communication et la vie sociale passent presque toujours par l’e-mail et les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter. Alors qu’il suffisait jadis de jeter un coup d’œil au ciel et au vol des oiseaux pour prédire le temps, la prévision météorologique fait aujourd’hui l’objet de traitements de données et de simulations complexes qui demandent des réseaux informatiques puissants.

Les médias électroniques prédominent également dans les activités pédagogiques, et par conséquent dans l’éducation des adultes. Internet est une source intarissable de connaissance et d’information. Il peut aussi servir d’outil d’apprentissage et de travail permettant de transmettre des connaissances et de faire le point de ses compétences. Entre temps, l’importance que revêtent les nouvelles techniques d’information et de communication pour l’éducation des adultes est prise en compte par l’UNESCO. Le thème 7 de la CONFINTEA VI de Belém était en effet intitulé: Éducation des adultes, culture, médias et nouvelles technologies de l’information.

En dépit des lacunes que présentent les infrastructures techniques, de la rudimentarité des équipements et de la précarité de l’accès à Internet, l’utilisation des nouveaux médias prend aussi une importance croissante dans les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Cette tendance peut par exemple être observée lors de la conférence régionale «eLearning Africa» organisée chaque année dans un pays différent, à laquelle participent des milliers de spécialistes dans le but d’échanger des informations sur les innombrables possibilités qu’offrent ces médias dans le domaine économique, les petites entreprises – y compris dans le secteur informel – et dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement primaire. Afin de surmonter les difficultés infrastructurelles d’accès et de disponibilité qui prédominent encore, on cherche des solutions créatives. Parmi les plus intéressantes, on citera le portable à 100 dollars produit sur l’initiative de Nicholas Negroponte, professeur au MIT. Son idée «Un PC portable par enfant» s’est concrétisée sous forme d’un appareil simple et robuste équipé d’un logiciel gratuit utilisable dans les principaux domaines de travail (traitement de texte, graphique, communication). Grâce à une technique spéciale qui permet de recevoir et de renvoyer des blocs d’informations, ces ordinateurs portables peuvent être connectés en réseaux dans les régions sans accès à Internet. Il n’y a pas de problème d’alimentation électrique étant donné que ces PC fonctionnent à l’aide de batteries rechargeables, en cas de besoin, à l’aide de dynamos manuelles. Et dans les régions qui n’en sont pas encore équipées, le téléphone portable représente une alternative intéressante pour l’information et l’apprentissage. En Afrique, le «M-Learning», ou apprentissage mobile, est déjà utilisé dans bon nombre d’écoles et d’organismes de formation.

En Allemagne, comme dans d’autres pays hautement industrialisés, le nombre d’analphabètes fonctionnels est nettement plus élevé qu’on pourrait le croire. Dans le domaine éducatif, on mise sur les programmes informatiques pour motiver les personnes qui associent l’école et l’apprentissage scolaire à l’échec. La Confédération allemande pour l’éducation des adultes a fait des expériences positives en matière d’alphabétisation assistée par ordinateur. L’un de ses projets, le jeu électronique «Winterfest», a été récompensé par le prix européen d’apprentissage en ligne eureleA 2011 dans la catégorie «Meilleure didactique des médias», par la médaille d’or du «Serious Games Award» 2011 et par le prix LARA Education en 2010. Il est présenté par la coordinatrice du projet, Angela Rustemeyer.

Nous exposons ici deux des nombreuses initiatives de TIC présentées lors de la 5 e conférence internationale «E-Learning Africa» en Zambie. Crystal Kigoni, fondatrice de l’ONG «Voices of Africa for Social Development» basée à Nairobi et récompensée par le prix du sommet mondial pour la jeunesse dans la catégorie «Éducation pour Tous», fait une description des «kiosques internet ruraux» solaires. Le site Internet www.voicesofafrica.info est très informatif et vaut la peine d’être visité. Nenna Nwakanma est co-fondatrice et vice-présidente de «Free Software and Open Source Foundation for Africa». C’est une éminente promotrice de l’accès illimité des populations africaines à l’ordinateur et à Internet, plus particulièrement pour les femmes. L’interview est tirée du site Web de la conférence «eLearning Africa 2010» (http://www.elearningafrica.com/newsportal/english/ index.php), qui documente très en détail cet important événement.

Les activités réalisées par les organisations suisses Avallain et la Fondation Biovision avec leurs partenaires en Afrique de l’Est montrent que les TIC peuvent aussi changer le monde du travail des pêcheurs et des petits agriculteurs, à condition d’être adaptées à l’environnement culturel. Avallain s’est spécialisée dans le développement de programmes d’apprentissage assistés par ordinateur. La Fondation Biovision voit sa mission dans l’amélioration biologique durable des conditions de vie des paysans africains et a mis sur pied le projet Infonet-Biovision. Ursula Suter-Seuling, directrice d’Avallain AG, et Ignaz Heintz, fondateur de la société, jouissent tous deux d’une solide expérience acquise dans le cadre de leurs activités pédagogiques avec les médias électroniques en Afrique de l’Est, et nous la décrivent.

Les cursus à distance ont jadis été conçus pour dispenser des formations initiales et continues aux personnes qui vivaient et travaillaient à l’écart des rares lieux de formation, et qui auraient dû soit interrompre leur travail pendant trop longtemps pour aller habiter sur le lieu de formation, soit renoncer à la formation. Ces cursus ont permis d’élargir l’amplitude des programmes d’enseignement et de réduire les coûts, mais présentaient certaines faiblesses méthodologiques. Comme le montrent l’Inde et le Zimbabwe, Internet donne à présent la possibilité d’y remédier. Martha Farrell est directrice de la PIALL (Académie internationale d’éducation tout au long de la vie), branche universitaire de la PRIA (Société de recherche participative en Asie). Avec Mandakini Pant, coordinatrice de programmes à la PRIA, elle présente ici la formation continue par Internet qu’elles ont toutes deux mise en place et dont elles assurent le suivi. Stanley Mpofu est directeur du Centre de formation continue (CCE) de l’université nationale des sciences et de la technologie (NUST) à Bulawayo, au Zimbabwe. Avec Christina Müller, membre de l’Institut allemand d’éducation des adultes (DIE) et de l’université de Duisburg-Essen, il explique comment les cours en ligne ont été mis en place dans son université.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fête d’hiver
Source: DVV


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