Éditorial

«Au niveau international, aucune autre revue spécialisée ne fait le lien entre l’édu cation des adultes et la politique de développement avec autant d’ampleur et en associant à la fois théorie et pratique, aucune autre ne soumet aussi largement le thème au débat». Tel est la conclusion de l’évaluation externe de notre revue «Éducation des Adultes et Développement», à laquelle nous consacrons un article un peu plus loin. Nous avons de quoi être fiers. Apparemment, nous avons assez bien travaillé. Mais c’est aussi pour nous une raison de nous montrer, autant que faire se peut, à la hauteur de ce jugement positif. Nous avons pour cela besoin de votre soutien.

Une évaluation n’est pas faite uniquement d’éloges, mais aussi de recommandations. L’une d’entre elles consiste à limiter les contenus de chaque numéro à un seul, ou tout au moins à un nombre restreint de thèmes prioritaires. C’est compréhensible. Ceci permettrait de traiter les thèmes choisis de manière plus systématique et plus représentative, chaque numéro serait unique en son genre.

Mais en fait, il n’est si facile de suivre cette recommandation à la lettre. En ce qui concerne l’éducation des adultes et ses applications pratiques, que nous nous sommes fixé pour but de décrire et de documenter dans notre revue, il s’agit d’une tâche extrêmement complexe dont les multiples objectifs demandent l’intervention d’instruments et de méthodes diversifiés. C’est ce caractère intégral qui fait la spécificité de notre travail: la réalité quotidienne est un domaine complexe qui soulève plusieurs problèmes et plusieurs questions à la fois. Lorsqu’au Mali, à l’issue d’une analyse collective, un groupe de femmes reconnaît que le fait de déboiser les pourtours du village rallonge les distances qu’elles doivent parcourir pour ramasser du bois de chauffage et qu’en même temps, les sols s’appauvrissent parce que les ruisseaux sont asséchés pendant des mois, et lorsque ce même groupe de femmes décide alors de planter des arbres et de construire des fours à faible consommation d’énergie, on peut classer leur expérience au même titre dans plusieurs domaines d’action: éducation des femmes, éducation environnementale, acquisition de compétences axées sur l’amélioration des conditions de vie, ou encore utilisation de la méthode Reflect. Si en plus, elles s’interrogent sur les conditions dans lesquelles les femmes ont le droit de posséder des terres et se demandent s’il ne faut pas modifier fondamentalement les dispositions juridiques relatives au droit d’héritage, le projet peut également être classé sous le mot-clé «politique sociale».

Nous devons chaque fois trancher pour savoir quel est l’aspect le plus important de ces expériences d’apprentissage et d’action collectives, lequel nous voulons mettre en exergue. C’est pourquoi la classification par domaines a toujours quelque chose de subjectif.

Nous avons choisi pour ce numéro les trois priorités suivantes, qui se recoupent elles aussi à maints endroits:

     

  • L’importance et le rôle de l’apprentissage en ligne (y compris les matériels d’apprentissage modernes et les cursus à distance)
  • Le changement climatique – le rôle de l’éducation des jeunes et des adultes
  • L’autonomisation des femmes
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Ce n’est pas la première fois que nous présentons des actions axées sur la promotion des femmes ou sur les modes de vie et de travail écologiquement durables à l’aide de méthodes éprouvées et novatrices. Ces sujets vont sans aucun doute continuer de figurer régulièrement à l’ordre du jour, puisque ce sont des tâches clés de notre domaine d’action.

L’évaluation recommande également d’ouvrir plus encore notre revue aux lecteurs, de les inviter plus explicitement au dialogue et de créer pour cela les espaces adéquats. Ceci va parfaitement à l’encontre de nos idées et de nos intentions. C’est avec plaisir que nous suivrons cette recommandation et que nous vous invitons à discuter avec nous des contenus de notre revue en nous soumettant vos questions, vos commentaires, vos suggestions et vos expériences. Nous créerons pour cela un espace spécial sur notre site Internet.

Pendant des décennies, Heribert Hinzen a forgé la bonne réputation professionnelle de notre revue. Son successeur à la rédaction l’en remercie. Avec Gisela Waschek, les innombrables tâches associées à la publication d’une revue sont dans de bonnes mains. Pour cela, mais aussi pour son soutien rédactionnel compétent, je lui adresse également mes sincères remerciements. Il me reste encore à remercier les collègues du nouveau conseil rédactionnel pour leur participation active à la conception de ce numéro, Roland Schwartz, nouveau directeur de DVV International et éditeur de notre revue, Ana Agostino du CIEA, Carol Medel Añonuevo de l’UIL, et une fois encore Heribert Hinzen, qui nous est resté fidèle grâce à son projet régional dans le lointain Laos. La coopération avec vous a été à la fois agréable et enrichissante.

Michael Samlowski